dimanche 11 janvier 2015

« Prions pour les victimes de cette dernière cruauté, mais aussi pour ses auteurs afin que le Seigneur convertissent leurs cœurs »

Chers paroissiens, chers amis,

Ces derniers jours ont vu se dérouler des évènements dramatiques dans notre pays. Avec le Pape François nous ne pouvons que « condamner une nouvelle fois la violence qui génère tant de souffrances ». C’est « un acte qui démontre une grande cruauté, une cruauté humaine. Il nous rappelle tant d'actes terroristes isolés ainsi que le terrorisme d'état. De quelle cruauté l'homme est-il capable! ». En ce dimanche : « Prions pour les victimes de cette dernière cruauté, mais aussi pour ses auteurs afin que le Seigneur convertissent leurs cœurs » [i].
Il nous faut aussi avoir beaucoup de compassion et « s’associer par la prière à la peine des familles endeuillées et…confier les victimes à Dieu, plein de miséricorde, le priant de les accueillir dans sa lumière ». Le Saint Père « exprime sa profonde sympathie aux personnes blessées et à leurs familles, demandant au Seigneur de leur apporter réconfort et consolation dans leur épreuve.»[ii].

Je voudrais ajouter à ce message du Saint Père François, trois e observations personnelles pour aider chacun dans sa réflexion.

- Oui à la liberté et à la liberté d’expression, mais dans le respect des personnes, de leur foi et de ce qui leur est le plus cher. La liberté ne doit jamais être l’occasion d’une oppression, d’une dictature (même de la pensée), d’un mépris de l’autre. J’ai encore en mémoire ces caricatures abominables publiées sur le Christ et sur le Pape Benoît XVI. C’était d’autant plus grave que ces dessins se voulaient porteur d’une vérité que chacun savait mensongère. Il semble bien que cela n’a apporté, avec d’autres dessins, que la division, quelques réactions haineuses, de la violence. Alors quel intérêt ?

- Pour cette raison, tout en condamnant avec la plus extrême vigueur ces attentats et ces assassinats barbares, « je ne suis pas Charlie », ni aujourd’hui, ni demain. J’ai une très grande compassion pour les victimes. Je partage la douleur des familles et de tous ceux qui leur sont proches. Je prie pour eux et pour leurs bourreaux. Mais je ne puis accepter sans réagir que le Christ, l’Eglise, la foi soient trainés dans la boue, juste pour s’amuser un peu ou peut-être même aussi pour nuire. Je respecte les opinions diverses et les personnes qui les promeuvent, mais j’entends qu’il en soit de même pour ma foi et ma religion. C’est un droit élémentaire que nul ne me contestera. Et jamais on ne m’imposera d’accepter quelque chose contre mon conscience et ma foi.

- Aujourd’hui, je suis dans le recueillement, avec toute la France, mais de manière beaucoup plus large. Dans notre paroisse, depuis plusieurs mois (et bien avant que les médias n’en fassent la « publicité »), je vous ai invité à être très attentifs et unis spirituellement aux chrétiens persécutés dans le monde : Irak, Syrie, Egypte, Inde, Somalie, Soudan, Erythrée, Libye, Nigeria, Centrafrique, Afghanistan, Pakistan, Yémen, parmi les pays les plus touchés. Je vous demande de continuer à les soutenir spirituellement. Ils ont besoin de notre prière, de notre soutien actif pour aller jusqu’au bout de leur témoignage et s’unir ainsi au sacrifice du Christ. C’est tout ce qu’ils demandent nous disait récemment  le patriarche de Babylone des chaldéens Louis Raphaël Ier SAKO. Je pense aux victimes de ces attentats ignobles et que rien, ni personne ne peut justifier. Mais je pense aussi et toujours aux très nombreuses familles persécutées dans le monde pour leur foi, aux enfants dont les parents ont été assassinés parce qu’ils étaient chrétiens, à ceux qui ont du fuir et qui ont tout perdu, à tous ces martyrs d’aujourd’hui et à ceux qui ont la certitude d’être les martyrs de demain. Et je veux les garder, avec vous, au fond de mon cœur et dans ma prière, sans jamais les abandonner.
                        Voilà quelques réflexions qui n’engagent que moi, mais que je voulais vous partager en ce jour de recueillement national. En plus de l’énorme masse d’informations et d’opinions exprimées, et présentées comme la vérité unique, il me paraissait essentiel de dire quelques mots à ceux dont les évêques de Digne et Fréjus-Toulon ont désiré que je sois le pasteur. Si vous le souhaitez, le débat est ouvert ; j’accueillerai volontiers vos contradictions, remarques ou autres réflexions. Comme catholiques, nous avons à promouvoir la paix qui vient du cœur de Dieu.
« Par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection. Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs … Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, … sous l'inspiration de la grâce »[iii].

Bon dimanche à tous et à toutes. Avec ma prière et mon amitié dans le Christ.
Père Charles HONORE, curé




[i] Pape François, homélie à Saint Marthe 8/1/2015
[ii] Cardinal PAROLIN, secrétaire d’Etat, télégramme au nom du Saint Père  8/1/2015
[iii] Lettre de Saint Paul aux Colossiens 3, 14…16

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