mardi 25 décembre 2012

HYMNE POUR LA FETE DE SAINT ETIENNE





LXXXV

HYMNE POUR LA FETE DE SAINT ETIENNE



                             Tout aura basculé le jour de Pentecôte :
                             Le temps ne serait plus aux secrets qu’on chuchote ;
                             On clamerait partout Jésus ressuscité !
                             Qui, rempli d’Esprit Saint, pourrait encor se taire ?
                             Qui n’irait témoigner jusqu’au bout de la terre ?
                             …Et tout Jérusalem ouïrait la Vérité[1] !

                             Au Temple on voit surgir une nouvelle Eglise.
Dans Sion, par milliers les Apôtres baptisent.
Craignant pour leur pouvoir, Prêtres et Sanhédrin,
Certes un peu troublés par des signes étranges[2],
Les jettent en prison. Mais Dieu mande son Ange
Ouvrir tous les verrous qui les tenaient contraints[3].

                             « Que d’un passé d’aveugle Israël se souvienne[4] ! »
Ainsi, face au Sénat[5] prêchait le diacre Etienne,
                             « Et rejeter le Christ est pire cécité ! »
                             Aux juges en fureur, il assène ce blâme
                             Que tuer un prophète est une faute infâme :
Aux yeux de Qui l’envoie, la pire atrocité !

                             « Le Juste nous viendrait, prédisaient les Prophètes,
                             Qui ferait de la Loi l’application parfaite :
                             Et vos pères contre eux se sont tous acharnés !
Cet envoyé de Dieu dont ils faisaient l’annonce
Vous l’avez,  pour mourir, remis aux mains de Ponce :
                             Vous, en le trahissant, l’avez assassiné ! »[6]

                             Les faisant s’étouffer, grincer les dents de rage[7],
                             A ses accusateurs, il tient ce témoignage
                             Conclusif  et fatal,          que lui souffle l’Esprit :
                             « Je vois les cieux ouverts sur la gloire divine ;
                             Je vois le Fils de l’homme en qui tout s’illumine :
                             A la droite de Dieu, debout, je vois le Christ[8]. »

                             Et tandis qu’hors les murs, ces furieux le lapident,
                             Il demande au Seigneur que ce lâche homicide
                             Ne leur soit point compté. On le voit s’engloutir,
                             Comme exempt de douleur, dans cette mort glorieuse
                             Qui fit du jeune diacre à la foi valeureuse
Des tout-premiers chrétiens le tout-premier martyr[9].

                             Et qui sait si l’Esprit soutenant la victime
                             N’a pas touché, parmi les auteurs de ce crime,
                             Paul, ce Saoul de Tarse au destin fabuleux[10] ?
                             Avant que de parler, Dieu prépare nos âmes :
                             Ce qui soudain s’embrase en dévorante flamme
                             N’était-il pas bluette[11] avant que d’être feu ?

                             En fêtant saint Etienne, on fête son courage
                             Et  cet accueil de Dieu que tous les saints partagent :
                             En recevant le Fils, du Père on est l’enfant[12].
                             Bienheureux aujourd’hui ceux qui ne le rejettent,
                             Mais qui, sereinement, bravent force tempêtes,
                             Pleins de joyeuse foi dans le Christ triomphant !

*

                                                                             Guy Jampierre, diacre
Octobre-novembre 2012
                            






[1] « Mais vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint,  qui descendra sur vous ; Vous serez alors mes témoins  à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8)

[2]  cf. Actes 4,16 et 5, 34-42 (l’intervention de Gamaliel)
[3] cf. Actes 5,19
[4] Conduit devant le Sanhédrin, Etienne retrace l’Histoire du peuple Hébreu et souligne que Moïse, choisi par Dieu pour le conduire, avait eu beaucoup de mal à se faire reconnaître et obéir. Parallèle qui met ses accusateurs en fureur.
[5] Autre nom du Sanhédrin.
[6] cf. Actes 7, 51-54
[7] cf. Actes 7, 54
[8] cf. Actes 7, 55-56
[9] Etienne est souvent nommé « protomartyr ».
[10]Les Actes nous apprennent que le futur Apôtre Paul participa à la lapidation d’Etienne, en gardant les habits des bourreaux.  Paul, celui-là même qui entendra, sur le chemin de Damas, Jésus lui dire : Saoul ! Saoul ! Pourquoi me persécutes-tu ?
[11] Petite étincelle. (En Provence on dit aussi « bélugue »).
[12] cf. Jean 1,12 : « Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. »

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