mercredi 15 février 2012

A propos des indulgences …



Qu’est-ce que le péché ?
Le péché est une faute contre la raison, la vérité, la conscience droite ; il est un manquement à l’amour véritable, envers Dieu et envers le prochain, à cause d’un attachement pervers à certains biens. Il blesse la nature de l’homme et porte atteinte à la solidarité humaine. Il a été défini comme " une parole, un acte ou un désir contraires à la loi éternelle " (S. Augustin, Faust. 22, 27 : PL 42, 418 ; S. Thomas d’A., s. th. 1-2, 71, 6).
Le péché est une offense de Dieu : " Contre toi, toi seul, j’ai péché. Ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait " (Ps 51, 6). Le péché se dresse contre l’amour de Dieu pour nous et en détourne nos cœurs. Comme le péché originel, il est une désobéissance, une révolte contre Dieu, par la volonté de devenir " comme des dieux ", connaissant et déterminant le bien et le mal (Gn 3, 5). Le péché est ainsi " amour de soi jusqu’au mépris de Dieu " (S. Augustin, civ. 14, 28). Par cette exaltation orgueilleuse de soi, le péché est diamétralement contraire à l’obéissance de Jésus qui accomplit le salut (cf. Ph 2,6-9). Le péché est notre refus, sous de multiples formes, d'être conduit par Dieu. L'homme veut être son propre maître, sa propre fin et prendre la place de Dieu, il brise alors sa relation au Dieu Créateur.
C’est précisément dans la Passion où la miséricorde du Christ va le vaincre, que le péché manifeste le mieux sa violence et sa multiplicité : incrédulité, haine meurtrière, rejet et moqueries de la part des chefs et du peuple, lâcheté de Pilate et cruauté des soldats, trahison de Judas si dure à Jésus, reniement de Pierre et abandon des disciples. Cependant, à l’heure même des ténèbres et du Prince de ce monde (cf. Jn 14,30), le sacrifice du Christ devient la source de laquelle jaillira intarissablement le pardon de nos péchés.
Deux façons de qualifier le péché
- Péché mortel (qui tue la vie de Dieu en nous) : Le péché mortel est une désobéissance à la loi divine par laquelle on manque gravement à ses devoirs envers Dieu, envers le prochain et envers soi-même. Pour constituer un péché mortel, outre la gravité de la matière, il faut la pleine connaissance de cause et une réelle volonté de le commettre. Ce péché pour être pardonné nécessite une réconciliation sacramentelle par laquelle le baptisé est à nouveau et pleinement admis dans la communion de l'Eglise.
- Péché véniel: Tous les péchés n'ont pas la même gravité. Il y a des pensées, des paroles, des actions et des omissions que la conscience réprouve. La tradition les appelle péchés "véniels", ce qui signifie "pardonnables". Un acte de charité, un véritable regret, je confesse à Dieu et l’absolution de la messe obtiennent le pardon de ces péchés. Le but, en toutes choses, est d’être conforme à ce que Dieu veut pour nous. Le but c’est notre bonheur total et définitif dans le cœur de Dieu.
Conséquences du péché
Le péché a une double conséquence. Le péché grave nous prive de la communion avec Dieu, et par là il nous rend incapables de la vie éternelle, dont la privation s’appelle la "peine éternelle " du péché. C’est pourquoi il est nécessaire de se confesser au plus vite de ces péchés-là pour restaurer en notre âme la vie de Dieu et la communion avec Lui. La confession individuelle et intégrale des péchés graves suivie de l’absolution demeure le seul moyen ordinaire pour la réconciliation avec Dieu et avec l’Église. D’autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain des créatures au mal nous avons donc besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l’état qu’on appelle Purgatoire. Cette purification libère de ce qu’on appelle la " peine temporelle " du péché. Ces deux peines ne doivent pas être conçues comme une espèce de vengeance, infligée par Dieu de l’extérieur, mais comme vraiment découlant de la nature même du péché. Une conversion qui procède d’une fervente charité, peut arriver à la totale purification du pécheur, de sorte qu’aucune peine ne subsisterait (cf. Cc. Trente : DS 1712-1713 ; 1820).
Dans notre monde, quand on commet une faute grave, il y a un jugement qui provoque une amende, ou même une peine d’emprisonnement. Quand nous commettons un péché, il y aussi des conséquences. Le pardon du péché et la restauration de la communion avec Dieu entraînent la remise des peines éternelles du péché. Mais des peines temporelles du péché demeurent. Le chrétien doit s’efforcer, en supportant patiemment les souffrances et les épreuves de toutes sortes et, le jour venu, en faisant sereinement face à la mort, d’accepter comme une grâce ces peines temporelles du péché ; il doit s’appliquer, par les œuvres de miséricorde et de charité, ainsi que par la prière et les différentes pratiques de la pénitence, à se dépouiller complètement du " vieil homme " et à revêtir " l’homme nouveau " (cf. Ep 4, 24). Quand nous avons reçu le pardon de Dieu, il faut en quelque sorte subir la peine, réparer, ce qui va nous purifier, nous libérer pour nous préparer à vivre dans le cœur de Dieu, la plénitude de la vie. 
L’indulgence
D’où l’indulgence (du latin indulgere, « accorder ») qui est le « don total de la miséricorde de Dieu ». Dans le sacrement de réconciliation, le Seigneur nous pardonne nos péchés. Par la grâce de l’indulgence, le Seigneur nous libère aussi de la « peine temporelle », c’est-à-dire des conséquences du péché, « à certaines conditions déterminées » (cf Catéchisme de l’Église catholique, § 1471). Applicable à soi-même ou à un défunt, elle est partielle ou plénière, selon qu’elle libère partiellement ou totalement de la peine. Elle est un appel à une conversion toujours plus grande en vue de la sainteté.
Le chrétien qui cherche à se purifier de son péché et à se sanctifier avec l’aide de la grâce de Dieu ne se trouve pas seul. " La vie de chacun des enfants de Dieu se trouve liée d’une façon admirable, dans le Christ et par le Christ, avec la vie de tous les autres frères chrétiens, dans l’unité surnaturelle du Corps mystique du Christ, comme dans une personne mystique " (Paul VI, const. ap. " Indulgentiarum doctrina " 5)
Pour les vivants et pour les morts
Dans la communion des saints " il existe donc entre les fidèles – ceux qui sont en possession de la patrie céleste, ceux qui ont été admis à expier au purgatoire ou ceux qui sont encore en pèlerinage sur la terre – un constant lien d’amour et un abondant échange de tous biens " (ibid.). Dans cet échange admirable, la sainteté de l’un profite aux autres, bien au-delà du dommage que le péché de l’un a pu causer aux autres. Ainsi, le recours à la communion des saints permet au pécheur contrit d’être plus tôt et plus efficacement purifié des peines du péché.
Ces biens spirituels de la communion des saints, nous les appelons aussi le trésor de l’Église, ". C’est le prix infini et inépuisable qu’ont auprès de Dieu les expiations et les mérites du Christ Notre Seigneur, offerts pour que l’humanité soit libérée du péché et parvienne à la communion avec le Père.
C’est ainsi que l’Église ne veut pas seulement venir en aide aux pécheurs, mais aussi les inciter à des œuvres de piété, de pénitence et de charité (cf. Paul VI, loc. cit. 8 ; Cc. Trente : DS 1835). C’est toujours dans le désir  de grandir dans la sainteté, de nous rapprocher de Dieu, de nous préparer à l’éternité avec lui, mais aussi de témoigner de son amour auprès de tous nos frères.
Pour obtenir l’indulgence
-          Faire l’œuvre prescrite par le Pape ou l’évêque (chez nous : la consécration à Saint Joseph dans des conditions que va préciser l’évêque : date, lieu, mode).
-          Se confesser et avoir la contrition parfaite (regret réel des péchés, volonté de conversion, pénitence).
-          Communier à une messe dans les jours précédant ou suivant l’œuvre prescrite.
-          Prier aux intentions du Saint Père.
L’indulgence peut s’obtenir plusieurs fois, mais pas plus d’une fois par jour.
Conclusion
La perspective et l’intention ne sont pas mercantiles. Il ne s’agit pas non plus de ne penser et de ne voir que par le péché. Il s’agit tout au contraire, avec la grâce de Dieu, par les mérites de la Passion du Christ et en usant des trésors spirituels que le Seigneur a confié à son Eglise, de se libérer des liens du mal et de ses conséquences. Il s’agit de prendre moyens efficaces pour réaliser en nous le salut acquis par Jésus-Christ. C’est un moyen extraordinaire de faire grandir en nous la sainteté, d’en témoigner autour de nous en rayonnant la sainteté et la lumière de Dieu et de nous préparer tous à la rencontre définitive avec l’unique Créateur de tout bien.
Pourquoi se priver de tels bienfaits ? Pourquoi refuserions-nous la grâce surtout quand elle se fait si abondante ? Pourquoi mettrions-nous un frein à l’amour que Dieu nous porte et à notre réponse ?
Sources : Catéchisme de l’Eglise catholique, 1992. Compendium du Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2005.
Site de la Conférence des Evêque de France. Site du diocèse de Fréjus-Toulon. Site Catholique.Org

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