lundi 16 janvier 2012

HYMNE POUR LA FETE DE ST ANTOINE ABBE



LXXIV

HYMNE POUR LA FETE DE ST ANTOINE ABBE

« Vends tous tes biens ! Donne l’argent aux pauvres !
Et puis, suis-moi ! Tu seras mon apôtre ! »
… Mais l’homme riche a passé son chemin.
(C’est pourtant vrai que raide est l’Evangile.)
Mais qui dirait qu’Antoine se défile ?
Sa foi n’est pas remise au lendemain.

A cette foi convient la solitude :
Des biens du monde Antoine se dénude ;
Il s’en va, pauvre, au pire des déserts,
Vivre sans rien, si ce n’est la prière,
Et, s’il entend que coule une rivière,
C’est dans son cœur, l’onde d’un Dieu disert.

Le diable aussi profite du silence :
Des mots fleuris cachent sa pestilence
Mais son mensonge est grognement de porc[1] ;
Et quand prend fin l’ignoble répertoire :
« Dieu, où es-Tu ? – Je prise ta victoire[2]
Sur l’ouvrier de l’éternelle mort.»

L’anachorète a quitté son arène[3]
Il vient en ville où sévissait la haine,
Risquer sa vie pour les persécutés[4],
Puis au désert de nouveau se retire :
Sa sainteté ne tient pas au martyre
Mais à fleurir en toute aridité.
Et quand il meurt[5], cet arbre cénobite,
Immense croix pour un peuple d’ermites,
Selon l’exemple hérité du vieil homme,
De monastère en monastère on vit
Intensément l’avant-goût du Royaume
Qu’offre le Christ à ceux qui l’ont suivi.
                             *
Guy Jampierre, diacre
 novembre 2011




[1] Le porc est le symbole de la tentation. C’est pourquoi, Antoine, qui lutta longtemps contre les attaques du démon, est représenté un porc à ses pieds (en fait, pour la plupart des statues du saint, un gentil petit cochon…)
[2] Selon le témoignage d’Antoine lui-même.
[3] Arène au sens premier d’étendue de sable, mais aussi lieu de confrontation avec le Tentateur.
[4] Ce fut à Alexandrie en 311, lors de la  persécution de l’empereur Maximien Daïa.
[5] En 356 A.D. à l’âge de 105 ans.

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